Contrat CDD au Maroc : Fin de Contrat, Indemnité et Requalification en CDI (2026)
Mis à jour le 2026-06-30
Le contrat à durée déterminée (CDD) est l'exception : au Maroc, le contrat de travail est en principe conclu pour une durée indéterminée (CDI). Le CDD n'est autorisé que dans des cas limités prévus par le Code du Travail (Loi n° 65-99). Ce guide détaille les règles du CDD, ce qui vous est dû à son terme et les cas de requalification en CDI.
Dans quels cas un CDD est-il autorisé ?
Le CDD ne peut être conclu que dans des situations précises (articles 16 et 17) :
- le remplacement d'un salarié dont le contrat est suspendu (maladie, congé, etc.) ;
- l'accroissement temporaire de l'activité de l'entreprise ;
- l'exécution de travaux à caractère saisonnier ;
- dans certains secteurs et cas fixés par voie réglementaire (par exemple lors de l'ouverture d'une entreprise ou du lancement d'un nouveau produit).
En dehors de ces cas, le recours au CDD est irrégulier et expose l'employeur à une requalification.
Quelle est la durée maximale d'un CDD ?
La durée dépend du motif :
- Pour le remplacement, l'accroissement temporaire ou les travaux saisonniers, le CDD couvre la durée de la mission.
- Lors de l'ouverture d'une entreprise ou du lancement d'un nouveau produit, le CDD est conclu pour une durée maximale d'un an, renouvelable une seule fois. Au-delà, le contrat devient automatiquement un CDI.
Ce qui vous est dû à la fin du CDD
Lorsque le CDD arrive à son terme normal, la relation prend fin sans licenciement. Vous ne percevez donc pas d'indemnité de licenciement, mais vous conservez votre solde de tout compte :
- le salaire des jours travaillés ;
- l'indemnité de congés payés non pris ;
- les primes acquises au prorata.
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La rupture anticipée du CDD
Un CDD ne peut pas être rompu librement avant son terme. Si l'une des parties met fin au contrat de manière anticipée sans faute grave de l'autre partie ni cas de force majeure, elle doit verser des dommages-intérêts équivalents aux salaires correspondant à la période restant à courir jusqu'au terme du contrat (article 33).
- Si c'est l'employeur qui rompt : il doit au salarié les salaires jusqu'au terme prévu.
- Si c'est le salarié qui rompt : il peut être redevable de dommages-intérêts envers l'employeur.
La requalification du CDD en CDI
Le CDD est requalifié en CDI dans plusieurs situations :
- lorsqu'il est conclu en dehors des cas légaux de recours au CDD ;
- lorsqu'il se poursuit au-delà de son terme sans nouveau contrat ;
- lorsqu'il dépasse la durée maximale d'un an renouvelé une fois (cas d'ouverture d'entreprise / nouveau produit).
La requalification est importante : elle ouvre droit à la protection du CDI, notamment l'indemnité de licenciement et les dommages-intérêts en cas de rupture abusive. Consultez à ce sujet notre guide sur le licenciement abusif.
Questions fréquentes
Le CDD ouvre-t-il droit à l'indemnité de licenciement ? Non, à son terme normal. En revanche, en cas de requalification en CDI ou de rupture abusive, oui.
Ai-je droit à la prime d'ancienneté en CDD ? Oui, la prime d'ancienneté est due dès lors que les conditions d'ancienneté sont remplies. Voir notre guide sur la prime d'ancienneté.
Le CDD peut-il comporter une période d'essai ? Oui, sa durée est encadrée. Voir notre guide sur la période d'essai.
En résumé
Le CDD est un contrat d'exception réservé à des cas précis. À son terme, vous percevez votre solde de tout compte mais pas d'indemnité de licenciement. Toute rupture anticipée injustifiée est coûteuse, et un usage abusif du CDD entraîne sa requalification en CDI, avec les protections associées.
Pour aller plus loin, consultez le guide du solde de tout compte.